Notre aventure à la Place des Arts

Par Nathalie Gilbert

 

Nous sommes lundi matin, 10 h 30, et nous partons pour Montréal donner un spectacle à la Place des Arts.  Tout le monde est enjoué et le voyage s’effectue sans embûche.  Arrivée à l’hôtel à 18 h 30.  Chacun prend son bagage et nous montons à l’étage, attribuons les chambres, y déposons nos affaires et redescendons souper sur place.  Le groupe est fatigué.  Nous préparons chaque chambre pour le coucher et sans réticence, tous se mettent au lit entre 21 h et 21 h 30. 

 

Mardi, jour du spectacle.  Réveil à 8 h 30, petit déjeuner dans les chambres et douches.  On nous attend à la Place des Arts pour la pratique générale à 11 h.  L’arrivée au théâtre se fait dans la gaieté et la fascination.  Nous observons d’abord la salle et la scène pour ensuite visiter les coulisses et notre loge!  Eh oui, la plus grande!  Je me demandais si Céline Dion s’est aussi trouvée dans cette pièce.  J’ai alors réalisé la chance que j’avais et la reconnaissance que l’organisation de l’événement – le Défi sportif – démontrait envers le groupe.  Une fois remis de nos émotions, nous retournons sur la scène pour la pratique générale.  Notre rôle d’artiste prend alors le dessus puisque la scène et la salle nous appartiennent.  Aucun étranger n’est présent, à part le sonorisateur qui est là pour s’assurer de la bonne qualité de notre son.  C’est donc une expérience unique, enrichie d’émotions positives de toutes sortes!  Nous pratiquons nos six pièces l’une après l’autre, puis Luck Mervil arrive sur scène.  Nous faisons les présentations et pratiquons ensemble une de nos chansons.  C’est un peu intimidant, mais avec la simplicité et la grandeur d’âme de Luck, nous redevenons vite à l’aise. 

 

Dîner sur place puis retour à l’hôtel pour se ressourcer en vue de la soirée à venir.  Le stress se fait alors ressentir vers 14 h alors que nous commençons à nous préparer.  Nous devons habiller et coiffer les cinq membres du groupe, maquiller les deux filles et nous-mêmes, prévoir une heure pour le souper avant de nous rendre à notre loge pour 18 h 15.  Le temps est donc l’élément le plus stressant et nous devons éviter de le faire subir aux membres du groupe. 

 

Heureusement que Geneviève Lavoie était là et a donné généreusement son temps pour coiffer le groupe, ce qui nous a permis de préparer tout le monde dans un délai raisonnable et sans leur faire subir de pression.  Nous quittons l’hôtel vers 16 h 45 pour aller souper dans un restaurant très près.  Nous marchons et il fait très froid.  Nous arrivons à 17 h 15, la place est bondée.  Des gens nous gardent une table, mais nous informent que le service est long et qu’ils attendent leur repas depuis 30 minutes.  Notre stress augmente et le groupe commence à le ressentir.  Nous expliquons la situation à la serveuse qui nous sert tous en 10 minutes!  Finalement nous entrons dans notre loge à 18 h 30.  Cependant je dois demeurer dehors avec un membre du groupe en raison d’une trop grande nervosité occasionnant des désagréments.  Enfin, 30 minutes plus tard, tout le groupe est enfin réuni à la loge dans une atmosphère de joie et d’excitation.  Nous nous détendons un peu, rassemblons notre énergie et entreprenons les dernières retouches pour une belle apparence.  Nous entrons en coulisse à 18 h 45, puis sur la scène à 20 h.  Notre prestation se fait avec une maîtrise surprenante et est acclamée par une ovation debout; le public est séduit et ému. 

 

Ceci dit, imaginez comment la réadaptation prend forme dans un tel contexte.  Le professionnalisme en intervention se fait dans un cadre artistique où l’intervenant devient artiste et occupe une place au sein de la formation au même titre que les clients.  Sur scène, nous ne sommes plus intervenants, mais artistes!  J’avoue que malgré mes deux ans et demi passés auprès du groupe, c’est la préparation de ce spectacle qui m’en a fait réellement prendre conscience.  Par contre, je peux vous affirmer que les connaissances et le savoir-faire en intervention sont aussi nécessaires pour mener à bien ce genre d’événement.  En effet, toute la planification et la préparation ne peuvent empêcher les imprévus.  Il faut donc avoir la capacité de gérer les comportements et le stress des clients en plus du nôtre et pouvoir se réajuster sur-le-champ en tenant compte des gens autour et de la société.  Demeurer constamment attentif aux besoins des clients, c’est la base du succès! 

 

Finalement, jamais je n’aurais cru que l’on peut tant apprendre à côtoyer des personnes aux prises avec un trouble envahissant du développement, qu’ils peuvent nous aider autant que nous le faisons, qu’ils peuvent changer notre monde et nous ouvrir les yeux! 

Publié dans: on mai 6, 2008 at 7:53 Commentaires (0)
Tags:

Notre voyage en France

Par Catherine Lavoie & Doris Dubé

 

 

 

 

Dimanche 14 mai, c’est enfin le jour du départ.  Nous avons tous tellement hâte.  Nous nous entassons tous tant bien que mal dans deux fourgonnettes.  Nous avons bien du plaisir même si nous sommes un peu à l’étroit.  Arrivés à Montréal, nous nous présentons à l’aéroport afin d’acquérir nos billets, enregistrer nos bagages et, finalement, prendre un verre (tout au long de ce voyage, nous prendrons de nombreux verres, mais rassurez-vous, nous sommes des adeptes du Coca light).  Ensuite, nous allons dîner et nous devons attendre jusqu’à 22 h 55 pour le décollage.  Déjà nous avons expérimenté de nouvelles choses aujourd’hui. 

 

Le voyage en avion est très apprécié de nos cinq personnes TED.  Au décollage, Joffrey lance même un «yahoo!» retentissant dans l’habitacle plongé dans le silence et la pénombre.  Martin a eu peur d’avoir peur, mais finalement il a apprécié la vue de la lune éclairant de ses reflets d’argent le dessus des nuages.  C’est féerique!  Il y en a seulement un qui est un peu craintif, mais ce n’est rien à comparer de la terreur vécue par Catherine et Alexandrine, qui prennent l’avion pour la première fois et qui sont sur le bord de la désorganisation. 

 

À l’arrivée à l’aéroport Charles-de-Gaules, il est 12 h 00, heure de Paris!  Un autobus de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) nous attend sur place dans le but de nous conduire à notre l’hôtel (IBIS), où nous nous installons dans nos chambres respectives.  Ensuite, nous redescendons car nous sommes attendus pour prendre un déjeuner pour finalement revenir faire une sieste à l’étage.  Il était temps car il y a plus de vingt-quatre heures que nous sommes debout.  Au réveil de tous, nous partons à l’exploration de Paris, dans les alentours de l’hôtel, nous avons l’air de vrais touristes car nous n’en finissons plus de nous exclamer car tout ici est tellement différent.  Un membre du groupe nous dit que nous aurions tous dû nous faire fabriquer un t-shirt afin de faire reconnaître notre appartenance au groupe, mais notre magnifique accent suffit à nous faire reconnaître (il y en a même parmi nous qui se sont fait demander s’ils parlaient anglais!).  Nous trouvons un restaurant où aller dîner (nous y retournerons souvent car l’accueil y est très chaleureux).  Après avoir bien mangé, nous retournons à notre hôtel et nous nous préparons à dormir. 

 

Mardi, nous nous levons tôt pour prendre notre petit-déjeuner.  Nous participons à une visite guidée de Paris en autobus.  Nous découvrons la façon de conduire de Parisiens, c’est impressionnant.  On dirait qu’il n’y a pas de code de la route.  Nous voyons tous les monuments les plus importants de Paris : l’Arc de Triomphe, l’Opéra, etc.  Nous descendons même à la tour Eiffel, que nous traversons à pied (Chantal aurait voulu nous dire quelque chose).  Il y en a parmi nous qui avaient envie d’embrasser le trottoir.  Enfin, nous y sommes et nous prenons des photos pour immortaliser ce moment.  À notre retour, nous allons dîner et nous reposer.  Au réveil de la sieste, nous vivons l’expérience de l’autobus de ville, en route pour une visite de Montmartre.  Chemin faisant, nous arrêtons dîner et, finalement, nous nous rendons jusqu’au sommet pour voir la Basilique Sacré Cœur.  Encore des photos.  Ensuite, une nouvelle expérience de plus, nous redescendons Montmartre en funiculaire (là c’est Martin qui est franchement impressionné).  Puis, c’est la catastrophe car nous découvrons qu’il n’y a plus d’autobus pour retourner à notre hôtel, nous devrons donc marcher au moins deux heures.  Comme c’est loin, nous profitons de nombreuses haltes histoire de prendre un verre sur les terrasses.  Il fait beau, il fait chaud et malgré notre fatigue, cette catastrophe s’avère finalement très agréable.  De retour à l’hôtel, nous allons nous coucher.  Il très tard, environ 1 h 00. 

Mercredi, pendant que nous nous préparons pour notre visite au Louvre, Doris et Mohamed vont rencontrer les journalistes du Papotin.  C’est une belle rencontre qui dure tout l’avant-midi et un bel échange a lieu entre Doris, Mohamed, les deux représentants de La Bohème, Joffrey et Yoan et les gens du Papotin.  Puis nous expérimentons le métro parisien, Chantal trouve ça très drôle.  Les gens sont collés les uns sur les autres, mais nos amis s’en sortent très bien.  Au Louvre, nous devons attendre jusqu’à 17 h 00 pour la visite, alors nous prenons un verre sur la terrasse du musée.  La visite du Louvre est tout de même perturbée par un événement particulier, Joffrey s’est éloigné du groupe quelques secondes et il s’est perdu.  Heureusement, tout s’est bien terminé et nous revenons à l’hôtel en métro, dîner et dodo. 

 

Jeudi, nous partons déjeuner vers 11 h 30.  En revenant tranquillement vers l’hôtel, nous arrêtons pour magasiner dans les boutiques en chemin.  Nous devons partir pour Tours vers 14 h 00, mais nous devons retarder notre départ.  Nous avons donc droit à un dernier dîner parisien avant de partir, soit vers 20 h 00.  Le voyage en voiture se déroule très bien, nos quatre véhicules se suivent sur les autoroutes françaises.  Le réseau routier français est d’une qualité remarquable car, bien entendu, ici le sol ne gèle pas.  Nous arrivons au gîte, à Avrillé des Ponceaux, un petit village de la vallée de la Loire, vers minuit.  Nous nous installons dans nos chambres et c’est le dodo. 

 

Quand je dis dodo, c’est pour certains d’entre nous car plusieurs sont victimes du décalage horaire et n’arrivent pas à fermer l’œil de la nuit ou n’arrivent à dormir que quelques heures. 

 

Vendredi, c’est le jour de la visite d’un centre d’hébergement pour personnes TED.  Une équipe nous attend pour le déjeuner.  Doris et Mohamed partent très tôt pour rencontrer l’équipe en place et amorcer des échanges.  Hélas!, nous ne pourrons les rejoindre à cause d’un contretemps technique (ah! Les routes de France et leur signalisation particulière).  Nous en profitons donc pour faire la sieste, nous reposer et faire un peu de lavage.  Nous profitons de notre terrasse.  Nous nous rendons dans un village voisin pour le dîner.  Bref, une journée de relaxation pour nous préparer pour le spectacle de demain (mais pas pour Mohamed et Doris qui, de retour de leur rencontre, restent au gîte pour une rencontre de membres de l’équipe du docteure Barthélémy). 

 

Samedi, c’est la journée tant attendue, soit celle du spectacle.  Nous nous préparons et nous allons à Tours.  Il fait très froid et il vente beaucoup.  Une partie de l’équipe s’occupe de l’installation de la scène, l’autre partie, de l’exposition (et tout est plus compliqué à cause du vent) pendant que les musiciens autistes et leurs accompagnateurs se tiennent à l’abri sous une tonnelle, dans le parc.  Tout le monde s’affaire, quand on travaille vite, ça réchauffe.  Heureusement, l’accueil très chaleureux du docteure Catherine Barthélémy, qui va jusqu’à nous prêter sa maison pour le déjeuner, nous réchauffe le cœur.  Nous commandons de la pizza!  Nous devions avoir une répétition générale, mais nous n’avons plus de temps.  Le spectacle a eu lieu vers 17 h 00 et, comme d’habitude, ce fut un grand succès.  L’exposition aussi suscite beaucoup d’intérêt, tous les commentaires sont positifs, les gens trouvent que les personnes du groupe La Bohème ont beaucoup de talent. 

 

Après le spectacle, nous rencontrons des parents et des intervenants qui veulent en savoir plus long sur nos façons d’arriver à ce résultat.  Puis nous sommes attendus à l’hôtel de ville pour un peu de champagne.  Nous allons ensuite dîner au restaurant avec Catherine Barthélémy et plusieurs membres de son équipe. 

 

Dimanche, nous nous levons et nous préparons tranquillement et en après-midi, nous allons visiter un château érigé à Langeais, un village situé près du nôtre.  Tout le monde semble apprécier cette visite, particulièrement Martin qui se dit bien content de ne pas avoir rencontré de fantômes.  Ensuite, nous allons siroter un verre sur une terrasse devant le château.  Ce soir, nous dînons au gîte.  Docteure Catherine Barthélémy, son mari, son fils ainsi que quelques membres de son équipe viennent dîner avec nous.  C’est une belle soirée qui se déroule d’une façon peu formelle.  Nous avons beaucoup ri, car après tout l’humour fait partie de notre approche (particulièrement quand Rénald a décidé d’apprendre au Docteure Bathélémy ainsi qu’à son mari, lui aussi médecin, une nouvelle façon de prendre le pouls d’un patient). 

 

Lundi, c’est notre journée magasinage.  C’est la journée que Nicole attendait avec impatience car elle souhaitait s’acheter un nouveau chapeau et des lunettes de soleil.  Auparavant, nous déjeunons au Chaudron d’Avrillé, un petit restaurant situé à côté de notre gîte où on nous a préparé un déjeuner spécial rien que pour nous.  Nous allons à Tours pour nous acheter quelques babioles.  Nous en profitons aussi pour visiter une cathédrale Gothique.  Nous nous retrouvons un peu plus tard pour aller dîner au restaurant et nous rentrons au gîte.  C’est le temps de nous préparer à nous coucher. 

 

Mardi, nous dormons tard le matin.  Nous sommes tous fatigués.  Nous retournons faire un peu de magasinage en ville où nous trouvons quelques trucs intéressants.  Pendant ce temps, Doris, Mohamed et Joël vont rencontrer le Docteure Barthélémy et son équipe afin de visiter leur centre et leurs installations, le laboratoire de recherche est très impressionnant.  Puis une discussion s’engage sur la façon de poursuivre ces échanges, un rendez-vous est pris pour octobre 2007.  Nous dînons encore en ville et nous retournons au gîte préparer notre départ.  Nous nous couchons tôt pour être en mesure de partir tôt demain. 

 

Mercredi, nous nous levons tôt, nous prenons notre petit-déjeuner et nous partons pour Paris vers 10 h 30.  Nous arrêtons en chemin, près de Tours, pour le déjeuner et nous repartons ensuite pour l’aéroport Charles-de-Gaules.  Arrivés sur place, nous nous installons dans nos chambres et nous faisons une petite sieste avant le dîner.  Nous devons prendre un verre au bar en attendant l’ouverture du restaurant, c’est notre dernier dîner tous ensemble. 

 

Jeudi, c’est la journée de notre départ.  Nous allons à l’aéroport enregistrer nos bagages et prendre notre petit-déjeuner.  Nous embarquons dans l’avion à 11 h 00 et, par la magie du décalage horaire, nous arrivons à Montréal vers 13 h 15.  Après avoir passé les douanes, nous partons en fourgonnette.  Nous ramassons finalement nos valises et nous repartons en voiture pour Rouyn-Noranda.  Nous arrêtons souper au Mc Donald des Portes du Nord et nous retournons chez-nous. 

 

Ce voyage nous a tous beaucoup rapprochés, nous avons vécu une aventure inoubliable à-travers laquelle nous avons expérimenté la vie auprès des personnes autistes.  Pendant les onze jours qu’a duré notre voyage, nous avons constamment été avec eux sans qu’on ait l’impression qu’ils sont une charge plus importante pour nous.  Ils sont d’une patience remarquable, des compagnons de voyage très sympathiques, toujours contents.  Jamais nous n’oublierons ce magnifique voyage. 

Publié dans: on at 6:24 Commentaires (1)
Tags: