L’autisme a longtemps été considéré comme un mal ou un fléau à annihiler. Par contre, de plus en plus de spécialistes en autisme s’entendent pour affirmer que l’autisme constitue davantage une différence.
Les personnes autistes de notre région participent depuis quelques années à des ateliers d’art visuel et démontrent un talent très apprécié du public. Mais afin de ne pas faire en sorte de créer un art pour personnes handicapées, nous souhaitons qu’ils exposent avec d’autres artistes de la région, pour faire en sorte de favoriser leur intégration sociale plutôt que de les confiner dans un ghetto autistique.
Lors des manifestations culturelles, les responsables d’ateliers et de compagnies ont complètement intégré cette situation. Ils n’arrivent que très rarement à s’en défaire. Alors, il n’est pas étonnant de constater que seul un public averti se rend dans les expositions, dans les salles de spectacle où sont présentées les réalisations de personnes qui sont d’abord perçues par leur handicap.
L’évolution des mentalités sera lente, difficile, car les personnes handicapées, les professionnels du handicap, de la culture, les responsables associatifs tiennent à mettre en avant une spécificité. Pourtant, rompre avec les schémas établis permettrait de libérer ces personnes qui savent fort bien qu’elles vivent avec un handicap et il n’est pas vraiment utile d’en rajouter. C’est l’art qu’il faut présenter et rien d’autre.
L’intégration passe par l’affirmation des auteurs, des interprètes qui présenteront leurs travaux au même titre que tout autre. De nouveaux concepts sont à étudier où les auteurs, les interprètes prendront leur place, mêlés à d’autres, comme par exemple lors des expositions d’arts organisées dans des galeries. Les organisateurs issus du milieu du handicap peuvent également jouer un rôle novateur en créant des rencontres culturelles ouvertes.
En France et en Belgique des rencontres culturelles de ce genre sont déjà implantées depuis fort longtemps. Par exemple :
Les Ateliers du Soleil à Douai organisent régulièrement des expositions. « Tous dans la ronde ». À Lyon, le groupe Signes, constitué en 1984, intègre effectivement des personnes handicapées mentales dans ses réalisations théâtrales. Des productions montrent qu’il est possible de réunir ensemble, avec bonheur, dans un même travail théâtral des personnes, quelles que soient leur histoire.
Parmi les rencontres régulières d’ampleur nationale, le festival de Figeac est devenu la référence en ce qui concerne la divulgation de travaux artistiques réalisés par des personnes handicapées mentales.
Au mois de juillet 1987 est lancé le premier festival soutenu par l’APEI et la mairie de Figeac. Une quinzaine de compagnies et d’ateliers ont répondu à l’initiative des organisateurs. Le premier essai est réussi avec la présence d’un public évalué à mille cinq cents personnes. La ville de Figeac a intégré le festival dans les rencontres culturelles d’été, et l’engagement de Martin Malvy, député et maire de Figeac, a permis l’installation d’un climat de confiance favorable à son acceptation par les habitants.
Depuis dix ans, trois mille auteurs et interprètes et cinquante mille spectateurs environ sont venus au festival. Les festivaliers baignent dans une ambiance où l’art sur le devant de la scène. Les Rencontres des arts pluriels, « un festival de la différence dans lequel s’expriment aussi des gens qui ne sont pas des personnes handicapées mentales » (Martin Malvy). Un public de touristes, d’habitants du Lot se mêle aux festivaliers pour applaudir les prestations de Bill Deraime et de Signes particuliers ou encore celles du groupe Sweetness et des Percussions de Treffort.
À Paris se tient tous les deux ans le festival du futur composé où certains de nos artistes autistes ont déjà été invités à participer. Malheureusement, les coûts reliés à ce projet le rendaient impossible.
Il y a longtemps que des artistes s’impliquent pour la cause de l’autisme au Québec également. En 1979 c’est le don de l’œuvre « La Dame de Cœur » de Jean-Paul Lemieux dont les profits de la vente ont permis la fondation de la Société québécoise de l’autisme ainsi que le chapitre de Québec.
C’est donc la raison qui a poussé la SATED-AT à organiser une exposition touchant le thème de l’adoption, en tant que société artistique, des personnes autistes. Le titre, “L’Adoption des Anges”, fait référence à une représentation passée des personnes autistes; les anges. De plus, cette symbolique a longtemps représenté notre propre inspiration d’artistes. La finalité attendue de ce projet; partager nos différences et découvrir notre unicité mutuelle.
Bien entendu notre projet se veut à bien plus petite échelle que ces événements. Mais nous souhaitons vivement obtenir les appuis nécessaires à la réalisation de cette expérience afin d’en faire un événement culturel touristique et novateur.
Les activités artistiques favorisent le jeu, la créativité, les relations sociales.